28/09/2008

Genevois héritiers de Dalida

Dimanche 28 septembre après-midi, Stand des candidats à Plainpalais

Soleil, petite bise et sourires : un jour donc plus facile pour aborder les passants. Cependant c’est toujours la même résignation chez certain-e-s, alors que l’on se trouve devant l’opportunité unique de créer une constitution différente pour Genève.

Et La Re-mar-que arrive, celle que je craignais:

« Ah mais Madame, vous dites cela parce que vous êtes candidate » 

Est-ce que les citoyens et citoyennes ont peur de se projeter dans leurs rêves, de partager leurs idées , de croire en l'avenir et de voter pour la personne qui leur correspond le mieux?

Pour un peu j'ai cru que, après avoir lancer cette invective, cette personne allait chanter « Caramels, bonbons et chocolat, merci pas pour moi, » ou « Parole, Parole, Parole».

Et pour donner mes impressions sur ces rencontres aléatoires et troublantes, j’écris pourtant avec ces mots…

Encore, toujours, « rien que des mots »...

Vraiment ?

Jacqueline Roiz

 

18:58 | Tags : paroles, candidat, verts | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

22/09/2008

Le pèlerinage venteux de la Constituante

20 et 21 septembre 2008

Certains occupent leurs week-ends dans leur famille, dans les magasins, sur le bitume des courses populaires, et d’autres dans des églises.

Certains comme moi ont dédié cette fin de semaine au prosélytisme de la foi… dans l’avenir et la prochaine Constitution.

« Bonjour Madame, Monsieur, votez-vous à Genève ? »  « Savez-vous que vous allez bientôt élire les membres de l’assemblée constituante ? »

Et nous voilà, candidats pleins d’enthousiasme, déambulant dans les rues du canton pour expliquer aux passants l’importance d’utiliser leurs droits démocratiques et celle de la constitution.

Les réactions de gens sont déroutantes, tantôt sceptiques, tantôt passionnées. L’attitude résignée est la plus difficile à gérer. J’entends quelques fois « je ne voterai pas » car les politiques « parlent mais ne font rien ». Des phrases ponctuées à la fin par « je ne parle pas de vous, Madame, mais…». Maigre consolation pour moi, candidate larguée parmi  500 autres et qui croit dans son action.

Comment motiver ces personnes à voter pour un processus aussi lent que l’élaboration de cette Constitution et dont les effets se feront sentir dans la durée ? Contrairement à une loi qui tout-de-même est plus « visible » et « rapide ». Comment faire comprendre que la constitution est à la racine des lois?

Quelque chose ne tourne pas rond entre les écrits et la réalité de la rue. Je lis dans le site web du canton « Le 24 février 2008, 79,25% des électeurs genevois ont approuvé la Loi constitutionnelle modifiant la Constitution de la République et canton de Genève. (…) une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution pour Genève. ».

 

Pourtant mes interlocuteurs dans la rue n’ont pas l’air de comprendre pourquoi on élaborerait une nouvelle Constitution. On dirait que ceux que j’ai rencontrés depuis cet été et qui ont pris le temps de discuter avec moi, ne sont pas les mêmes que ces  «  électeurs genevois » qui ont « approuvé » ce processus.

La bise souffle, il fait froid, et je continue mon pèlerinage. Cependant je m’interroge. Est-ce légitime de représenter la population si l’on est élu-e seulement par un petit nombre d’ « habitués » des bulletins de vote ?

Je pense aussi à ces années post-élection. J’ai envie que les Genevois-e-s s’impliquent plus, idéalement je rêverais qu’ils soient tous quelque part dans des associations, groupe d’habitants, partis. Pour m’assurer que les pensées qui se baladent dans la population arrivent à l’oreille des constituants…

Avant d’être candidate je suis citoyenne. Et comme dans tout dialogue il faut que l’habitant et le politique se rencontrent. Nous devons non seulement miser sur des hommes et des femmes qui vont représenter nos valeurs pendant 4 ans mais encore nous assurer qu’ils seront continuellement au courant des réflexions de chacun dans la rue, les vivants, ceux qui parlent en face à face, ceux qui ne vont pas souvent consulter les blog ou internet.

Enfin, il y a une étape primordiale pour chacun d’entre nous, citoyens et candidats, basée sur la première valeur qui nous unit : le vote.

Je sens qu’il va falloir encore souvent faire face à la bise, et aller à la rencontre de tous …

15:52 | Tags : constitution, candidat, verts, habitants | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |