12/04/2016

Blues du snif motorisé et chanson pour Luc.

petitefilletousse.jpg

Je n'ai jamais sniffé volontairement de produits illicites. En revanche, je dois avouer qu’il m'est arrivé de me retrouver en mauvaise posture et sans pouvoir dire "non je ne veux pas respirer cela"... Ça s'est passé quelques fois...

Postée derrière un pot d'échappement d'une large voiture ou d'un camion.

Et puis oui, je l'avoue finalement, j'ai eu d'autres situations que je n'ai pu éviter, je vous promets, je ne voulais pas.

C'était à l'arrêt sur une bande cyclable derrière une moto,  juste au démarrage. Pourquoi étais-je derrière?  Vous direz je l'ai probablement bien cherché : en effet,  pour me poster devant la moto et m'éviter son pet gazogène,  j'aurais pu prendre le risque de me glisser entre le trottoir et le moteur brûlant du gros deux roues. Je parle du véhicule, pas du conducteur, quoi que.

Bientôt, grâce à cette superbe idée de notre Conseiller d’Etat, consistant à laisser les motos rouler sur les voies de bus, je vais me prendre encore plus souvent en pleine tronche les gaz de démarrage des motos plantées devant moi, et les gros coups d'angoisse de ces bécanes qui, sur ces voies me frôleront en me dépassant sur la droite ou la gauche selon le sens du vent et l'empressement.

De la voie de bus à la bande cyclable il n'y a qu'un pas, d'un centimètre… Je ne me fais aucune illusion sur un respect spontané de ces bandes, ni sur celui des autres voies de bus qui resteraient « interdites » aux motos. 

Une 125cm3 ça pèse combien déjà? Je n'ose imaginer une plus grosse cylindrée, comme la Harley de Luc, qui choquerait ou frôlerait ma bicyclette. Et moi avec. Les chauffeurs de bus, parasités par tous ces deux roues gros cubes, n'auront plus de patience avec nous les moustiques vélo, fini nos regards complices et nos salutations gratifiantes. Leurs retards pris n’auront plus de tolérance. Leurs nerfs à vif non plus. Et la perte économique due au ralentissement je n'en parle pas!

Quant à mes poumons je les ai avertis: sniffer est illégal, mais ils pourront légalement encore plus s'empiffrer de COV, Oxydes d'azote et de CO2.  Bientôt mes petits chéris de poumons!

Merci Luc Barthassat.

12:33 Publié dans Genève | Tags : geneve, voiture, vélo, bus, trafic, cov, barthassat, politique | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |

26/01/2015

Préparation du « Village » Alternatiba de 2015: c’est parti !

climat,alternatiba,cop21,conference,plainpalais,environnement,durable,participatif,grand geneve 

Grande participation

Samedi 24 janvier, environ 120 participants provenant de toute l’agglomération, et  dont un bon tiers avait moins de 25 ans, se sont réunis à la maison des associations, pour définir ce que sera le village alternatif « Alternatiba » à Genève.  

Ce « Village des Alternatives au changement climatique » aura d’ailleurs lieu du 18 au 20 septembre 2015 à Plainpalais. Elle anticipera la Conférence (institutionnelle) sur le climat COP21 mais où la société civile ne sera que partiellement représentée.

 Au travers d’une animation très bien coordonnée, cette journée de préparation a été fructueuse et a permis d’affiner l’organisation, de faire naître des motivations dans le public, de réunir des compétences variées et mise à disposition bénévolement…

 Surprises, informations et créations

 Les participants ont défini les activités (stands, conférences, spectacles, déco, etc.) et les attentes pendant (et après) ces 3 jours d’envergure. Parmi elles, démontrer que les solutions existent déjà pour préserver le climat, se renforcer en connaissances, redonner l’envie à la société civile de tout bord de faire avancer cette cause,  développer l’esprit créatif, l’intelligence collective et  s’extraire de la pensée actuelle, « sortir du système ».

 Il y aura des conférences instructives et des stands qui ne se contenteront pas de donner des flyers mais qui seront « concrets »,  « pédagogiques », « surprenants ». Tout cela dans une ambiance qui donnera envie de prendre son temps... Musique, surprise, art et décoration pour encourager cet esprit d’ouverture.

 On pourrait croire à un « vœu pieu », un village de soixante-huitards comme il est si facile de traiter les personnes qui parlent de « bien-être », « d’échange », de « joie »… Et si, en fait,  ces personnes étaient des visionnaires ?

 Les participants ne vont pas attendre que le « système » politique et économique actuel propose des solutions toutes faites au niveau local comme international. Ils anticipent et prennent leurs responsabilités, se renforcent en connaissance, la transmettent, et veulent faire bouger les acteurs, tant civils que politiques et économiques pour sauver le climat.

Responsabilité individuelle et collective

Ce samedi, les bénévoles ont passé la journée entière à travailler, donner des méthodes, faire des propositions, s’engager pour les prochaines étapes dans l’organisation de cet évènement de grande envergure. Ils et elles ont exercé leur « responsabilité individuelle », permettant ainsi que naisse une responsabilité collective efficace pour agir contre les changements climatiques.

En bref, ils ont commencé à tisser l’intelligence en réseau...

 

Infos:

Alternatiba, "Village des Alternatives au changement climatique", du 18 au 20 septembre 2015 à Plainpalais :  https://alternatiba.eu/leman/

 

Histoire (récente) d’Alternatiba : http://fr.wikipedia.org/wiki/Alternatiba,_Village_des_alternatives

 

Conférence internationale sur le Climat : http://www.cop21.gouv.fr/fr

 

09/09/2013

Quand Genève intègre, la Russie exclut.

LGBT Russie 5.jpgLoi russe contre la propagande homosexuelle

Intervention du 8 septembre 2013, place des Nations.

 

Je suis très émue de pouvoir venir aujourd’hui exprimer mon soutien, mais aussi celui de nombreux autres Député-e-s, contre la loi homophobe récemment promulguée en Russie.

 

La « loi contre la propagande homosexuelle » interdit les manifestations pour les droits des homosexuels. Selon ce gouvernement russe, aujourd’hui nous aurions donc tort d’être là…

 

Elle interdit les campagnes de sensibilisation envers l’homophobie. Or, là aussi, selon ce gouvernement russe, Genève serait clouée au pilori

 

En effet, le 29 août dernier, le Grand Conseil a soutenu à l’unanimité une motion (M 2092)qui exige d’institutionnaliser la lutte contre l’homophobie.  J’ai écrit cette motion avec la collaboration de Député-e-s, dont certains sont aujourd’hui présents,  MM. Miguel Limpo et Yves de Matteis.

Avec le temps et le travail de sensibilisation dans le monde politique, cette motion a finalement été signée par les représentants de tous les partis, même des plus conservateurs.

Cette motion propose des mesures cantonales et cible la population dans son ensemble, tout âge confondu, au sein des écoles, des clubs sportifs, des Services de l’Etat, des organes judiciaires et de la Police.

Elle vise à promouvoir au sein de ces institutions une charte éthique, afin d’aborder systématiquement la question du respect de la diversité sexuelle et de genre. Les contrats de prestations qui lient les clubs à l’Etat pourraient exiger une attention particulière au thème de la diversité sexuelle et de genre, au même titre que le respect et le fairplay. La future loi sur le sport devrait aller dans ce sens.

La motion demande au Gouvernement genevois de former tous les enseignants, de leur donner les moyens de répondre aux questions que se posent les écoliers de tout âge et de savoir réagir face à une situation d’agression verbale et/ou physique.

Eviter l’insulte et l’exclusion permet la construction de l’auto-estime : un socle psychologique indispensable pour avancer dans la vie, écouter, apprendre, avoir le courage d’entreprendre des défis, devenir autonome et adulte.

La motion demande aussi de faire un rapport régulier sur les actions entreprises dans l’Administration et les institutions et d’inclure les résultats des statistiques sur les violences d’origine homophobe ou transphobe.

Au niveau de la Police, des statistiques devraient enfin être établies de manière plus systématique sur les violences d’origine homophobe et transphobe, en incluant lors de plaintes pour agression, le critère « homophobe, transphobe », comme cela existe pour les agressions d’origine raciste.

Il a fallu du temps pour faire prendre conscience aux Député-e-s que, parler de l’homophobie et faire un travail de sensibilisation, y compris dans les écoles, n’est pas du prosélytisme, puisqu’il est impossible de transformer les personnes en gays, lesbiennes, bi etc.  Cela fait partie des fantasmes ou des peurs de certains.

Il a fallu du temps pour qu’ils comprennent que de protéger les droits d’une population, malheureusement encore discriminée, permet de préserver chez cette dernière, l’estime de soi. Protéger les droits des LGBT aide à maintenir la cohésion sociale et enfin permet à chacun de donner le meilleur de soi-même. La société en bénéficie automatiquement.

N’oublions pas que les personnes qui endurent les discriminations ont plus de probabilité de subir une dépression, un échec scolaire, ou de tenter le suicide. C’est donc la société toute entière qui en subit les conséquences, tant d’un point de vue humain, qu’économique.

Mais alors comment se fait-il que M. Poutine et la Douma, le Parlement russe, puissent être aussi aveugles, aussi terrorisés, non pas par les personnes LGBT, mais par leurs fantômes, leurs propres peurs ? Le rôle du politique n’est-il pas de prendre de la distance avec les craintes irrationnelles, de garder le cap, de maintenir un équilibre social, en protégeant toute sa population contre la violence physique ou psychique ?

A quelques mois des jeux olympiques de Sotchi, en Russie, il y a de quoi être choqués par les propos du ministre russe des sports, M. Vitaly Mutko qui, pour parler des personnes non hétérosexuelles, parle des personnes « avec une orientation sexuelle non traditionnelle ».  Je me pose la triste question si M. Mutko ne souhaite pas, dans un proche avenir, pouvoir contrôler aussi les habitudes de ses concitoyen-ne-s hétérosexuel-le-s au point d’exiger, de leur part, la position traditionnelle du missionnaire…

En tant qu’ancienne sportive d’élite, je suis sensible aux valeurs inculquées par le sport, mais aussi aux préjugés véhiculés dans ce domaine et qui pourraient être renforcés par ce type de loi.

En effet, ces dernières années, des sportifs,  gays ou lesbiennes, ont souvent fait leur « outing », ou se sont présentés simplement comme tels, avec leur compagne ou compagnon. Qu’en sera-t-il à l’avenir ?

Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur cette recrudescence de déclarations et mesures homophobes,  sous prétexte du bon déroulement des jeux olympiques, car c’est la vie de milliers de personnes qui est en jeu, justement !

Exigeons du Comité olympique de maintenir sa fermeté vis-à-vis du gouvernement russe. Exigeons des Autorités suisses et des Nations unies d’agir précisément contre cette loi homophobe et dangereuse.

Nous le constatons, à Genève nous choisissons la voie de l’inclusion des diversités, en soutenant la motion M2092 à l’unanimité, alors qu’en Russie, on choisit la voie de l’exclusion.

Hors des clivages idéologiques,pour qu’une société progresse, pour qu’elle intègre la diversité et qu’elle mise sur la cohésion sociale,  j’ose le dire, l’amour est la priorité absolue, car chacun y a droit et mérite de l’exprimer !

Jacqueline Roiz

Députée

Grand Conseil, Genève