22/03/2017

Sport et violence: comprendre et maîtriser ce qui se passe en soi.

Bart-Simpson-est-un-boxeur.gifSamedi 18 mars dernier a eu lieu le Forum sport et société, organisé par la Ville de Genève. Il y était question de « la violence verbale, des discriminations et de comment canaliser les émotions et instaurer l'esprit sportif ».

Au même moment, je suivais un séminaire très pertinent sur la communication non violente et j’ai immédiatement pensé à son application parmi les pratiquant-e-s de sport.

En effet, si l’on considère les compétences nécessaires aux champions comme aux amateurs, on liste habituellement : la technique, la tactique, le physique et le mental. Or, il existe une cinquième compétence nécessaire pour faire la différence tant dans la performance que dans le plaisir du sportif : la gestion de l’émotion, qui se traduit par l'attitude.

Si certaines grandes personnalités ne sont pas exemplaires sur le terrain, d’autres en font leur force, leur « petit plus » qui leur permet de canaliser l’énergie au lieu de la dépenser en énervements, rancune, paroles et gestes déplacés.

L’attitude ne peut pas être imposée. Sanctionner le sportif ou la sportive après avoir insulté, et même frappé, l’adversaire ou l’arbitre, sert éventuellement d’exemple mais ne donne pas le moyen de s’améliorer.

Le club de sport est pourtant idéal pour travailler sur les insultes de toutes sortes, liées à l’origine, le physique, le genre, la religion, l'orientation sexuelle, etc.

Je ne suis pas convaincue que de répéter comme un mantra les valeurs de l’équipe ou rappeler «ce qui ne se dit pas» suffise à « instaurer l’esprit sportif » . Il faut enseigner la technique de reconnaissance des émotions, telles que la jalousie, la colère ou l’amertume (suite à une éventuelle injustice par exemple). Le B A BA de la communication non violente (CNV) : il s'agit pour l'individu d'identifier ses besoins et son état intérieur. Reconnaître ses sentiments et stopper l'interprétation, permet souvent de neutraliser la parole insultante ou culpabilisante envers son pair. Des méthodes simples existent.

L'énergie non accaparée par l’énervement reviendra ainsi au service du jeu et de l’équipe.

Au lieu d'apporter simplement aux clubs sportifs "la bonne parole", celle de la conduite juste, les communes devraient investir sur la formation en communication non violente des animateurs-trices bénévoles afin qu’ils et elles puissent à leur tour initier les jeunes et moins jeunes pratiquant-e-s à la maîtrise de leurs émotions.

Evidemment il reste encore à traiter la violence sous l’angle des supporters. Mais parmi eux se trouvent aussi les sportifs et sportives.

00:36 Publié dans Genève, Sports | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |

Commentaires

A-t-on parlé de la détestable habitude de certains commentateurs sportifs, ou autres journalistes, qui persistent à décrire toute défaite sportive comme des des "gifles", des "fessées" ou des "humiliations" ? En sport, selon eux, on gagne rarement contre un concurrent ou même un camarade de jeux, mais presque toujours contre un adversaire ou même un ennemi. On n'est jamais loin du langage émotionnel de la cour de récréation.

Écrit par : Mère-Grand | 22/03/2017

Les commentaires sont fermés.