06/07/2018

Journaux romands, agir ou se taire.

A l’heure où Tamedia casse les journaux romands,

A l’heure où la grève est déclenchée par un non-respect de l’employeur vis-à-vis des employés,

C’est aussi le métier et la démocratie qui sont défendus, ainsi que l’avenir des journaux outre-Sarine (le dogme économique des actionnaires les y mènera aussi).

A l’heure où les politiques expriment leur soutien indéfectible sur les réseaux sociaux, et tentent de servir de médiateurs auprès de Tamedia,

Je pense que nos représentants à Berne vont devoir faire des propositions concrètes pour maintenir les médias écrits, sur le plus long terme et afin d'éviter qu’ils dépendent tant des publicités.

L’argent est le nerf de la guerre, nous le savons bien, donc « aider » les journaux passera par une aide financière, direct ou indirecte.

Sans idées précises, sans propositions, nos politiques n’auront plus qu’à pleurer la fin des journaux romands, mais cette fois en silence...

11:26 Publié dans Médias, Politique | Tags : journal, romand, tribune de genève, le matin, lausanne | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |

30/05/2018

Les trois de Briançons, accusés de solidarité, seront jugés jeudi 31 mai 2018.

Les 3,Briançons,procès,jugement,Gap,migrants,trafic,Montgenevre,frontière,France,ItalieAvez-vous entendu parler des « trois de Briançons » ? Bastien, Eleonora et Théo ont participé le 22 avril 2018 à une marche solidaire avec des migrants qui risquaient de se faire tabasser par des extrémistes de droite, sur la montagne à la frontière entre l’Italie et la France (Montgenèvre).

En effet, les jours d’avant ces milices voulaient faire leur propre justice, et empêcher à tout prix l’entrée de ces migrants, par exemple en les traquant comme des lapins la nuit.          

Aucun des membres du groupe extrémiste n’a été dérangé. En revanche, nos trois pacifistes ont été arrêtés à Briançon (parmi 150 manifestants), mis en garde à vue, puis emprisonnés aux Baumettes et, après dix jours assignés à un domicile français. Surréaliste, non ? Quand on pense que ce traitement est d’habitude réservé aux criminels, là il est appliqué pour délit de solidarité avec les plus faibles.

D’un autre côté, n’est-ce pas la preuve que les autorités, dans ce cas françaises, ne savent plus quoi faire ? Elles laissent des tabasseurs garder la frontière avec le risque de dérapage et en revanche arrêtent arbitrairement trois jeunes qui ont montré avec d’autres leur compassion, une valeur élémentaire et ancrée dans l’ADN humain, car sans cela nous serions tous déjà une espèce disparue.

Jeudi 31 mai 2018 aura lieu à Gap le procès de ces trois jeunes. Un procès ridicule, absolument pas équitable, un aveu de faiblesse du système. La répression de la compassion ? Une preuve que la France panique comme d’autres pays, devant une situation internationale insupportable, au point que des populations prennent tous les risques possibles pour s’en sortir et traverser la forteresse occidentale…

18:08 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | |

22/03/2017

Sport et violence: comprendre et maîtriser ce qui se passe en soi.

Bart-Simpson-est-un-boxeur.gifSamedi 18 mars dernier a eu lieu le Forum sport et société, organisé par la Ville de Genève. Il y était question de « la violence verbale, des discriminations et de comment canaliser les émotions et instaurer l'esprit sportif ».

Au même moment, je suivais un séminaire très pertinent sur la communication non violente et j’ai immédiatement pensé à son application parmi les pratiquant-e-s de sport.

En effet, si l’on considère les compétences nécessaires aux champions comme aux amateurs, on liste habituellement : la technique, la tactique, le physique et le mental. Or, il existe une cinquième compétence nécessaire pour faire la différence tant dans la performance que dans le plaisir du sportif : la gestion de l’émotion, qui se traduit par l'attitude.

Si certaines grandes personnalités ne sont pas exemplaires sur le terrain, d’autres en font leur force, leur « petit plus » qui leur permet de canaliser l’énergie au lieu de la dépenser en énervements, rancune, paroles et gestes déplacés.

L’attitude ne peut pas être imposée. Sanctionner le sportif ou la sportive après avoir insulté, et même frappé, l’adversaire ou l’arbitre, sert éventuellement d’exemple mais ne donne pas le moyen de s’améliorer.

Le club de sport est pourtant idéal pour travailler sur les insultes de toutes sortes, liées à l’origine, le physique, le genre, la religion, l'orientation sexuelle, etc.

Je ne suis pas convaincue que de répéter comme un mantra les valeurs de l’équipe ou rappeler «ce qui ne se dit pas» suffise à « instaurer l’esprit sportif » . Il faut enseigner la technique de reconnaissance des émotions, telles que la jalousie, la colère ou l’amertume (suite à une éventuelle injustice par exemple). Le B A BA de la communication non violente (CNV) : il s'agit pour l'individu d'identifier ses besoins et son état intérieur. Reconnaître ses sentiments et stopper l'interprétation, permet souvent de neutraliser la parole insultante ou culpabilisante envers son pair. Des méthodes simples existent.

L'énergie non accaparée par l’énervement reviendra ainsi au service du jeu et de l’équipe.

Au lieu d'apporter simplement aux clubs sportifs "la bonne parole", celle de la conduite juste, les communes devraient investir sur la formation en communication non violente des animateurs-trices bénévoles afin qu’ils et elles puissent à leur tour initier les jeunes et moins jeunes pratiquant-e-s à la maîtrise de leurs émotions.

Evidemment il reste encore à traiter la violence sous l’angle des supporters. Mais parmi eux se trouvent aussi les sportifs et sportives.

00:36 Publié dans Genève, Sports | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | |

15/10/2016

Cérémonie Martin Ennals 2016, une bouffée d’espoir malgré la rage.

logo-mea.pngTrès belle cérémonie pour le prix Martin Ennals, mardi soir dernier, à Uni Dufour.

Comme chaque année, les nominations 2016 ont été très pertinentes. Il ne pourrait en être autrement. Le monde grouille de violations des droits humains, mais aussi de personnes prêtes à sacrifier leur réputation, leurs liens familiaux et leur vie, pour préserver l’humanité et leur propre humanité au milieu des conflits.

Nous en avons eu la preuve encore une fois. Trois histoires, trois exemples d’injustice, trois histoires de femmes et d’hommes courageux, époustouflants, forts et fragiles.

Grâce à des courts métrages, soudain, ils et elles sont là, comme s’ils avaient traversé l’écran quotidien des mauvaises nouvelles, comme pour nous souffler un vent de combativité et d’espoir. On en ressort émus, plus conscients de ce que veut dire être enfermés à vie pour avoir exprimé son opinion et cherché à avertir de « l’insupportabilité » des maltraitances subies par la minorité. Razan Zaitouneh, les membres de Zone 9 Bloggers et Ilham Tohti. Tous vivent cette injustice. Razan kidnappée avec son mari en Syrie il y a bientôt trois ans, les « Bloggers » d’Ethiopie, soit en exil, soit interdits de sortie du territoire, soit en procès, le Ouïghour Ilham Thoti arrêté à l’aéroport de Beijing, devant sa fille, et qui est condamné à la prison à vie en Chine (à vie !!!)

Une majorité des nominés étaient absents, disparus des radars géo-politiques, mais pas des cœurs. Une émotion est passée entre le public et la sœur qui n’a plus revu Razan depuis décembre 2013, l’ami qui arrive seul sur la scène, dans son « exil imposé », et la fille qui n’a plus revu son père, Ilham, depuis ce 15 janvier 2014 à l’aéroport. L’émotion était là, sans pour autant être dans un pathos exagéré. Et c’est pour cela qu’entre rage et tristesse, on finit par choisir une troisième voie : la pugnacité.

Le prix a été donné à l’économiste Ilham Tohti. Non violent, pratiquant musulman modéré, il a dénoncé la répression des Ouïghours en Chine, sans attaquer de front le gouvernement, sans même exiger une séparation territoriale. Il a été condamné à la réclusion à perpétuité par la Chine.

La cérémonie s’est terminée sur un discours très intéressant de la Conseillère administrative, Sandrine Salerno, qui a fait référence à la philosophe Jeanne Hersch, démontrant parfaitement que les droits de l’homme sont universels.

Seuls les pays ou individus autoritaires osent dire que les droits de l’homme (ou droits humains) constituent une intrusion post colonialiste, car c’est une manière de légitimer leurs exactions.

Peu importe la couleur, la religion, l’époque, la culture : le respect de la dignité et de la vie a toujours été une attente des peuples.

19:18 | Tags : ennals, dih, droits de l'homme, tohti, razan, geneve | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

03/05/2016

Sur les signes religieux. Pas si absurde que ça.

La réflexion par l'absurde : ma religion encourage vivement le port du kimono. Et moi je le porte, je ne suis pas obligée mais j'aime que les miens me reconnaissent et louent ma fidélité au mouvement.

Je me réjouis, car bientôt je reconnaîtrai ceux de mon clan derrière les guichets de l'administration, toutes celles et tous ceux en kimono. Certain-e-s autres porteront des nus pieds et des pantalons bouffants exigés par leurs croyances (Krishna?) et les autres peut-être leurs anneaux dans le nez (croyance bovine?).

Ça va être fun à Genève. Pas zen, mais fun.

16:52 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |

12/04/2016

Blues du snif motorisé et chanson pour Luc.

petitefilletousse.jpg

Je n'ai jamais sniffé volontairement de produits illicites. En revanche, je dois avouer qu’il m'est arrivé de me retrouver en mauvaise posture et sans pouvoir dire "non je ne veux pas respirer cela"... Ça s'est passé quelques fois...

Postée derrière un pot d'échappement d'une large voiture ou d'un camion.

Et puis oui, je l'avoue finalement, j'ai eu d'autres situations que je n'ai pu éviter, je vous promets, je ne voulais pas.

C'était à l'arrêt sur une bande cyclable derrière une moto,  juste au démarrage. Pourquoi étais-je derrière?  Vous direz je l'ai probablement bien cherché : en effet,  pour me poster devant la moto et m'éviter son pet gazogène,  j'aurais pu prendre le risque de me glisser entre le trottoir et le moteur brûlant du gros deux roues. Je parle du véhicule, pas du conducteur, quoi que.

Bientôt, grâce à cette superbe idée de notre Conseiller d’Etat, consistant à laisser les motos rouler sur les voies de bus, je vais me prendre encore plus souvent en pleine tronche les gaz de démarrage des motos plantées devant moi, et les gros coups d'angoisse de ces bécanes qui, sur ces voies me frôleront en me dépassant sur la droite ou la gauche selon le sens du vent et l'empressement.

De la voie de bus à la bande cyclable il n'y a qu'un pas, d'un centimètre… Je ne me fais aucune illusion sur un respect spontané de ces bandes, ni sur celui des autres voies de bus qui resteraient « interdites » aux motos. 

Une 125cm3 ça pèse combien déjà? Je n'ose imaginer une plus grosse cylindrée, comme la Harley de Luc, qui choquerait ou frôlerait ma bicyclette. Et moi avec. Les chauffeurs de bus, parasités par tous ces deux roues gros cubes, n'auront plus de patience avec nous les moustiques vélo, fini nos regards complices et nos salutations gratifiantes. Leurs retards pris n’auront plus de tolérance. Leurs nerfs à vif non plus. Et la perte économique due au ralentissement je n'en parle pas!

Quant à mes poumons je les ai avertis: sniffer est illégal, mais ils pourront légalement encore plus s'empiffrer de COV, Oxydes d'azote et de CO2.  Bientôt mes petits chéris de poumons!

Merci Luc Barthassat.

12:33 Publié dans Genève | Tags : geneve, voiture, vélo, bus, trafic, cov, barthassat, politique | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |

08/03/2016

Léman Bleu fête la femme sur le capot.

Cher Monsieur Keller,

Il y a un an vous avez été nommé directeur de la chaîne « d’info » Léman Bleu. Selon les autres médias, vous avez déclaré que votre mandat prioritaire serait de « mettre l'accent sur l'information et de faire progresser la qualité ». Le conseil d'administration, présidé par Philippe Lathion , souhaitait miser sur l'information de proximité.

J’ignorais que votre mission était de mettre en ligne sur la page web de Léman Bleu une vidéo intitulée « les plus beaux ‘’models’’ du salon 2016 », avec uniquement des images de ces femmes assises langoureusement sur le capot, se léchant les lèvres et avec des travelings sur leurs seins. J’ignorais que c’était un moyen de « mettre l'accent sur l'information et de faire progresser la qualité».

J’ignorais qu'au 21ème  siècle, une chaîne tv proche de la population devait objectifier la femme de cette manière.

En ce jour international de la femme, je suis dépitée en pensant que nous en sommes encore là, que pour faire de l’audience sur le web et obtenir des entrées publicitaires il faille continuer à vendre la femme, à la montrer ainsi, pour ses lolos, sa bouche ouverte et ses sourires niais. J’espère que mes nièces et filleules ne s’en inspireront pas.

Je vous présente, Cher Monsieur Keller, mes salutations de femme fière, habillée et intelligente, sans complexe.

12:12 Publié dans Femmes | Tags : femme, journee internationale, tv, media, feminisme, mysogin, genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |

19/01/2016

Football: Une femme présidente de la FIFA ?

isha2.jpgActuellement il reste six des huit candidats (présentés en octobre 2015), pour accéder à la présidence de la FIFA. Que des hommes, et le favori serait le cheikh bahreini Salman. Mais une nouvelle donne vient s’ajouter à cette élection.

Après les rumeurs, arrestations et procès de corruption, le monde du football ne devrait-il pas faire table rase et viser une candidate apolitique, qui n’est issue ni des pays « classiques » occidentaux, ni des pays pourvoyeurs de l’Orient, démontrant un conflit d’intérêt? Une personne libre de prendre des décisions objectives et utiles à l’ensemble des pays membres, qui a du cran et de la ténacité ?

Je pense en particulier à Isha Johansen de Sierra Leone et Lydia Nsekera du Burundi, les seules femmes au monde à avoir exercé la fonction de présidente de la fédération de football dans leur pays respectif et qui sortiraient la FIFA de l'impasse. 

Lydia Nsekera 48 ans, est la première femme à faire partie du comité exécutif de la FIFA, pour laquelle elle a été réélue en 2013. Elle est aussi membre du CIO.

Isha Johansen, attire plus particulièrement mon attention pour ses intentions, sa sensibilité et sa résistance aux pressions. Elle a 51 ans, a grandi en alternant Freetown et l’Angleterre. Son père est très musulman, sa mère très catholique, elle a donc été élevée dans une grande tolérance religieuse. Joueuse de football avec ses frères. Etude de business à Londres, fondatrice d’un magazine « Rapture » en Sierra Leone. En 1996, voyant les enfants « de la guerre » jouer pieds nus dont certains sont orphelins, elle décide de leur proposer un marché : elle les équipe et les nourris, en échange ils vont à l’école.

En 2004, elle fonde le FC Johansen, un club qui remporte des succès et la décide à postuler au poste de présidente de la fédération nationale. Succès malgré les insultes et attaques qu’elle subira parce qu’elle est simplement femme. Elle se battra contre la corruption et pour cette raison se fera un ennemi du ministre des sports. Elle lance Power Play pour promouvoir le football féminin. Puis arrive l’épidémie d’Ebola qui freine sa démarche. Elle met en garde les organisateurs de match, car la sueur et la foule accélèrent la contamination. Le gouvernement ne l’écoute pas.

Bref, Isha Johansen est résistante, consciente que le football peut aussi être un facteur d’amélioration sociale, elle est expérimentée, combative, sensible aux questions de santé, elle ne se laisse pas impressionner par les autorités et elle est ouverte au football féminin, qui connait un essor considérable de ses pratiquantes. Elle serait parfaite dans le rôle de présidente d’une fédération qui a besoin de redorer son blason et d’appliquer son code éthique, qui s’applique « au comportement portant atteinte à l’intégrité et l’image du football et de ses instances », notamment « les attitude contraires à la loi, la morale et l’éthique ».

La FIFA serait bien inspirée de placer en première ligne ces femmes dans ses engagements internationaux.

17:13 | Tags : isha johansen, football féminin, sport, femmes, fifa | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | |