15/10/2016

Cérémonie Martin Ennals 2016, une bouffée d’espoir malgré la rage.

logo-mea.pngTrès belle cérémonie pour le prix Martin Ennals, mardi soir dernier, à Uni Dufour.

Comme chaque année, les nominations 2016 ont été très pertinentes. Il ne pourrait en être autrement. Le monde grouille de violations des droits humains, mais aussi de personnes prêtes à sacrifier leur réputation, leurs liens familiaux et leur vie, pour préserver l’humanité et leur propre humanité au milieu des conflits.

Nous en avons eu la preuve encore une fois. Trois histoires, trois exemples d’injustice, trois histoires de femmes et d’hommes courageux, époustouflants, forts et fragiles.

Grâce à des courts métrages, soudain, ils et elles sont là, comme s’ils avaient traversé l’écran quotidien des mauvaises nouvelles, comme pour nous souffler un vent de combativité et d’espoir. On en ressort émus, plus conscients de ce que veut dire être enfermés à vie pour avoir exprimé son opinion et cherché à avertir de « l’insupportabilité » des maltraitances subies par la minorité. Razan Zaitouneh, les membres de Zone 9 Bloggers et Ilham Tohti. Tous vivent cette injustice. Razan kidnappée avec son mari en Syrie il y a bientôt trois ans, les « Bloggers » d’Ethiopie, soit en exil, soit interdits de sortie du territoire, soit en procès, le Ouïghour Ilham Thoti arrêté à l’aéroport de Beijing, devant sa fille, et qui est condamné à la prison à vie en Chine (à vie !!!)

Une majorité des nominés étaient absents, disparus des radars géo-politiques, mais pas des cœurs. Une émotion est passée entre le public et la sœur qui n’a plus revu Razan depuis décembre 2013, l’ami qui arrive seul sur la scène, dans son « exil imposé », et la fille qui n’a plus revu son père, Ilham, depuis ce 15 janvier 2014 à l’aéroport. L’émotion était là, sans pour autant être dans un pathos exagéré. Et c’est pour cela qu’entre rage et tristesse, on finit par choisir une troisième voie : la pugnacité.

Le prix a été donné à l’économiste Ilham Tohti. Non violent, pratiquant musulman modéré, il a dénoncé la répression des Ouïghours en Chine, sans attaquer de front le gouvernement, sans même exiger une séparation territoriale. Il a été condamné à la réclusion à perpétuité par la Chine.

La cérémonie s’est terminée sur un discours très intéressant de la Conseillère administrative, Sandrine Salerno, qui a fait référence à la philosophe Jeanne Hersch, démontrant parfaitement que les droits de l’homme sont universels.

Seuls les pays ou individus autoritaires osent dire que les droits de l’homme (ou droits humains) constituent une intrusion post colonialiste, car c’est une manière de légitimer leurs exactions.

Peu importe la couleur, la religion, l’époque, la culture : le respect de la dignité et de la vie a toujours été une attente des peuples.

19:18 | Tags : ennals, dih, droits de l'homme, tohti, razan, geneve | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

03/05/2016

Sur les signes religieux. Pas si absurde que ça.

La réflexion par l'absurde : ma religion encourage vivement le port du kimono. Et moi je le porte, je ne suis pas obligée mais j'aime que les miens me reconnaissent et louent ma fidélité au mouvement.

Je me réjouis, car bientôt je reconnaîtrai ceux de mon clan derrière les guichets de l'administration, toutes celles et tous ceux en kimono. Certain-e-s autres porteront des nus pieds et des pantalons bouffants exigés par leurs croyances (Krishna?) et les autres peut-être leurs anneaux dans le nez (croyance bovine?).

Ça va être fun à Genève. Pas zen, mais fun.

16:52 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |

12/04/2016

Blues du snif motorisé et chanson pour Luc.

petitefilletousse.jpg

Je n'ai jamais sniffé volontairement de produits illicites. En revanche, je dois avouer qu’il m'est arrivé de me retrouver en mauvaise posture et sans pouvoir dire "non je ne veux pas respirer cela"... Ça s'est passé quelques fois...

Postée derrière un pot d'échappement d'une large voiture ou d'un camion.

Et puis oui, je l'avoue finalement, j'ai eu d'autres situations que je n'ai pu éviter, je vous promets, je ne voulais pas.

C'était à l'arrêt sur une bande cyclable derrière une moto,  juste au démarrage. Pourquoi étais-je derrière?  Vous direz je l'ai probablement bien cherché : en effet,  pour me poster devant la moto et m'éviter son pet gazogène,  j'aurais pu prendre le risque de me glisser entre le trottoir et le moteur brûlant du gros deux roues. Je parle du véhicule, pas du conducteur, quoi que.

Bientôt, grâce à cette superbe idée de notre Conseiller d’Etat, consistant à laisser les motos rouler sur les voies de bus, je vais me prendre encore plus souvent en pleine tronche les gaz de démarrage des motos plantées devant moi, et les gros coups d'angoisse de ces bécanes qui, sur ces voies me frôleront en me dépassant sur la droite ou la gauche selon le sens du vent et l'empressement.

De la voie de bus à la bande cyclable il n'y a qu'un pas, d'un centimètre… Je ne me fais aucune illusion sur un respect spontané de ces bandes, ni sur celui des autres voies de bus qui resteraient « interdites » aux motos. 

Une 125cm3 ça pèse combien déjà? Je n'ose imaginer une plus grosse cylindrée, comme la Harley de Luc, qui choquerait ou frôlerait ma bicyclette. Et moi avec. Les chauffeurs de bus, parasités par tous ces deux roues gros cubes, n'auront plus de patience avec nous les moustiques vélo, fini nos regards complices et nos salutations gratifiantes. Leurs retards pris n’auront plus de tolérance. Leurs nerfs à vif non plus. Et la perte économique due au ralentissement je n'en parle pas!

Quant à mes poumons je les ai avertis: sniffer est illégal, mais ils pourront légalement encore plus s'empiffrer de COV, Oxydes d'azote et de CO2.  Bientôt mes petits chéris de poumons!

Merci Luc Barthassat.

12:33 Publié dans Genève | Tags : geneve, voiture, vélo, bus, trafic, cov, barthassat, politique | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |

08/03/2016

Léman Bleu fête la femme sur le capot.

Cher Monsieur Keller,

Il y a un an vous avez été nommé directeur de la chaîne « d’info » Léman Bleu. Selon les autres médias, vous avez déclaré que votre mandat prioritaire serait de « mettre l'accent sur l'information et de faire progresser la qualité ». Le conseil d'administration, présidé par Philippe Lathion , souhaitait miser sur l'information de proximité.

J’ignorais que votre mission était de mettre en ligne sur la page web de Léman Bleu une vidéo intitulée « les plus beaux ‘’models’’ du salon 2016 », avec uniquement des images de ces femmes assises langoureusement sur le capot, se léchant les lèvres et avec des travelings sur leurs seins. J’ignorais que c’était un moyen de « mettre l'accent sur l'information et de faire progresser la qualité».

J’ignorais qu'au 21ème  siècle, une chaîne tv proche de la population devait objectifier la femme de cette manière.

En ce jour international de la femme, je suis dépitée en pensant que nous en sommes encore là, que pour faire de l’audience sur le web et obtenir des entrées publicitaires il faille continuer à vendre la femme, à la montrer ainsi, pour ses lolos, sa bouche ouverte et ses sourires niais. J’espère que mes nièces et filleules ne s’en inspireront pas.

Je vous présente, Cher Monsieur Keller, mes salutations de femme fière, habillée et intelligente, sans complexe.

12:12 Publié dans Femmes | Tags : femme, journee internationale, tv, media, feminisme, mysogin, genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |

19/01/2016

Football: Une femme présidente de la FIFA ?

isha2.jpgActuellement il reste six des huit candidats (présentés en octobre 2015), pour accéder à la présidence de la FIFA. Que des hommes, et le favori serait le cheikh bahreini Salman. Mais une nouvelle donne vient s’ajouter à cette élection.

Après les rumeurs, arrestations et procès de corruption, le monde du football ne devrait-il pas faire table rase et viser une candidate apolitique, qui n’est issue ni des pays « classiques » occidentaux, ni des pays pourvoyeurs de l’Orient, démontrant un conflit d’intérêt? Une personne libre de prendre des décisions objectives et utiles à l’ensemble des pays membres, qui a du cran et de la ténacité ?

Je pense en particulier à Isha Johansen de Sierra Leone et Lydia Nsekera du Burundi, les seules femmes au monde à avoir exercé la fonction de présidente de la fédération de football dans leur pays respectif et qui sortiraient la FIFA de l'impasse. 

Lydia Nsekera 48 ans, est la première femme à faire partie du comité exécutif de la FIFA, pour laquelle elle a été réélue en 2013. Elle est aussi membre du CIO.

Isha Johansen, attire plus particulièrement mon attention pour ses intentions, sa sensibilité et sa résistance aux pressions. Elle a 51 ans, a grandi en alternant Freetown et l’Angleterre. Son père est très musulman, sa mère très catholique, elle a donc été élevée dans une grande tolérance religieuse. Joueuse de football avec ses frères. Etude de business à Londres, fondatrice d’un magazine « Rapture » en Sierra Leone. En 1996, voyant les enfants « de la guerre » jouer pieds nus dont certains sont orphelins, elle décide de leur proposer un marché : elle les équipe et les nourris, en échange ils vont à l’école.

En 2004, elle fonde le FC Johansen, un club qui remporte des succès et la décide à postuler au poste de présidente de la fédération nationale. Succès malgré les insultes et attaques qu’elle subira parce qu’elle est simplement femme. Elle se battra contre la corruption et pour cette raison se fera un ennemi du ministre des sports. Elle lance Power Play pour promouvoir le football féminin. Puis arrive l’épidémie d’Ebola qui freine sa démarche. Elle met en garde les organisateurs de match, car la sueur et la foule accélèrent la contamination. Le gouvernement ne l’écoute pas.

Bref, Isha Johansen est résistante, consciente que le football peut aussi être un facteur d’amélioration sociale, elle est expérimentée, combative, sensible aux questions de santé, elle ne se laisse pas impressionner par les autorités et elle est ouverte au football féminin, qui connait un essor considérable de ses pratiquantes. Elle serait parfaite dans le rôle de présidente d’une fédération qui a besoin de redorer son blason et d’appliquer son code éthique, qui s’applique « au comportement portant atteinte à l’intégrité et l’image du football et de ses instances », notamment « les attitude contraires à la loi, la morale et l’éthique ».

La FIFA serait bien inspirée de placer en première ligne ces femmes dans ses engagements internationaux.

17:13 | Tags : isha johansen, football féminin, sport, femmes, fifa | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | |

08/12/2015

COP21 est schizophrène (ou comment lier COP21 et l’ultra libéralisation du commerce des énergies dans TiSA)

COP21 tenterait de coordonner la lutte contre le réchauffement climatique. Pourtant une cinquantaine de pays participants à cette belle conférence sont aussi en ce moment en train de négocier des accords TiSA* (accord international pour libéraliser le marché des services) et qui empêcheraient la transition énergétique...

Depuis ce mardi 8 et jusqu’à jeudi 10 décembre à Genève, ces pays vont discuter en particulier du chapitre énergétique de ce traité, appelé ERS (Energy Related Services). On y trouve le principe de « neutralité technologique » en matière énergétique. Une clause qui priverait les régulateurs nationaux du droit de distinguer les types d’énergie : pétrole, nucléaire, éolien, hydraulique, solaire, etc.

TiSA réduirait la souveraineté des Etats sur les ressources énergétiques en exigeant qu’ils ouvrent leurs marchés aux fournisseurs étrangers de services liés à l’énergie. Selon le texte révélé par Wikileaks, cet accord TiSA avantagerait les énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon) et nucléaires, actuellement plus concurrentielles, et empêcherait l’Etat de décider de subventionner la production d’énergie propre ou d’investir par exemple dans la mise à niveau des centrales hydrauliques, l'installation de nouvelles infrastructures et dans la recherche de nouvelles technologies ; par conséquent, cet accord freinerait la création de nouveaux emplois dans les énergies propres et anéantirait une transition énergétique.

Comment peut-on alors imaginer que l’Australie, les Etats-Unis, ou l’Europe soudain acceptent des accords contraignants à la COP21 pour réduire le réchauffement climatique, alors qu’ici, à Genève, ils négocient pour une ouverture sauvage du marché de l’énergie ?

 

 

*TiSA = Trade in Services Agreement

23:03 Publié dans Développement durable, Politique | Tags : cop21, tisa, energie, geneve, paris | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | |

09/07/2015

TISA : les PME seront abandonnées comme les services publics.

Hier soir, 8 juillet, a eu lieu une manifestation à la place des Nations et devant l’OMC, pour dénoncer les négociations en cours autour de l’accord sur la libéralisation des services, connu sous l’acronyme TISA (pour Trade in services agreement) ainsi que pour s’opposer à l’impunité des multinationales.

Seulement une partie de ceux qui risquent de subir les conséquences d’un tel accord était là, je dirais surtout les représentants de la gauche et des syndicats.  Mais où étaient ceux qui souhaitent maintenir les emplois dans la région (hormis les syndicats et les partis traditionnels de gauche) ? Où étaient ceux qui disent défendre les petites entreprises ?

Je m’interroge sur l’absence de débat dans les autres tendances politiques. Car il s’agit de discuter de l’avenir de notre société, englobant tant les notions de liberté, de démocratie, de responsabilité sociétale que de finances et de solidarité.

Nous savons bien que les collectivités publiques doivent déjà ouvrir la porte à la concurrence du marché lors d’appels d’offre, mais pour des grands montants (exigence de l’OMC).

Actuellement les communes peuvent, dans une certaine mesure, avantager le commerce local des services, par des petits contrats, par exemple :  l’imprimeur du coin, le restaurateur-traiteur,  la réparatrice de pc, l’électricienne dépanneuse, l’installateur de petite patinoire, le porteur à vélo, ou des entreprises socialement responsables, de réinsertion pour des petits travaux, ou le chargé d’une étude spécifique, la société de maçonnerie, de menuiserie, etc.

Si cet accord TiSA était signé, il ne serait plus possible d’avoir la moindre influence sur les emplois de la commune, de la région ou du pays…

Il en va de même pour les contrats de prestation des entités semi-étatiques comme les sociétés d’électricité (SIG, etc.) qui doivent respecter des normes écologiques et encourager les énergies renouvelables. Ces services ne pourront pas faire face à des sociétés fournissant de l’énergie meilleure marché et issue de méthodes ultra polluantes, telles que l’extraction des gaz de schistes, de fournisseurs qui n’ont pas de scrupules à utiliser des pétroliers vidant régulièrement leurs cuves et provoquant des marées noires. Sans parler des ceux qui se basent uniquement sur la source nucléaire…

Enfin, et ce n’est pas des moindres, les services au public comme ceux de la santé, de l’instruction, de la sécurité seront en danger de concurrences directes avec le privé . Imaginez si la sécurité de l’Etat et les prisons était gérée par des privés basés en Chine ou au Canada. Imaginez si votre assurance vous obligeait à vous faire soigner dans un hôpital à l’étranger. Ou si vos impôts devaient servir à subventionner à part égale les écoles publiques et privées. Etsi  les fonds financiers des assurances sociales gérés par une société anonyme lointaine…

Imaginez si nous nous réveillons trop tard, et que, après signature de notre gouvernement, nous souhaitions changer quelque chose. L’accord TiSA étant hyper restrictif, ce serait impossible. La liste des « exceptions » pour les échanges de services sera close. Passez votre chemin, il n’y aura plus rien à voir !

Ni un référendum ni une initiative, ni les parlementaires ne pourront changer un article, sans risquer une amende pour "décision lésant les autres pays". Une amende d’un tribunal arbitral et ayant son siège aux Etats-Unis ou en Australie, et qui viderait les caisses de la Confédération…

12:34 Publié dans Economie, Suisse | Tags : tisa, tafta, suisse, genève, sig, écologie, économie, accord intenation, confédération, pme | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | |

30/03/2015

Les rameaux ou le bâton pour Ayop?

rameaux.jpgHier c'était "Les rameaux" : fête qui commémore l'arrivée espérée d'un Messie et qui promouvait l'inclusion de tous les humains.

Ce soir on risque de voir partir à Madrid, attaché et ballonné, un demandeur d'asile tchadien, sans que l'on termine en Suisse sa procédure d'asile....

Une "économie" faite sur le dos d'un autre pays. Tant pis s'il a encore besoin de soins suite au crâne fracturé et aux lésions post-traumatiques, et s'il est un témoin important de l'incendie des Tattes.

Tant pis pour les jolies fêtes religieuses et culturelles, incohérentes avec l'application aveugle (ou manipulée) de la loi.
 

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